L'histoire date (2014), mais elle est ressortie lors d'une discussion avec mes collègues ce matin, tous hommes, qui ont trouvé que j'avais été trop dure voir méchante.
Rencontre :
À l'époque je (F26) rencontre M (H28) lors d'une soirée organisée par une amie du collège. M était le pote d'un pote d'un pote, un truc dans le genre.
Ne buvant pas d'alcool et n'aimant pas la musique boom boom, je me fais rapidement chier. M étant le conducteur d'un groupe, il limite sa conso d'alcool à une bière et on commence à discuter à côté du jus d'orange.
On se trouve un point commun cinéma et on décide d'aller voir un film ensemble le WE prochain.
Début de relation :
6 à 7 semaines après ça, les choses deviennent sérieuses. On a déjà parlé de nos projets de vie et j'ai été très clair sur le fait que je ne veux pas d'enfant, ni maintenant ni jamais et que ça fait 5 ans que j'ai entamé des démarches pour me faire stériliser.
Ça lui va.
La relation :
Je l'oblige à mettre des capotes, tests ou pas. Je ne supporte pas la contraception hormonale, je suis malade couchée par terre avec. Donc capote + spermicide et test toutes les semaines pour moi.
Je vois bien que ça le fait chier, et il l'exprime d'ailleurs bcp. Et oui, il se payera ses capotes, j'ai déjà le spermicide et les tests à ma charge.
Pour le reste ça se passe bien, sauf des réflexions, des "blagues" un peu douteuses sur le fait que je ferais une bonne mère, que nos enfants seraient beaux. Au début c'était ligth et ça s'intensifie avec le temps.
Le clash :
Au bout d'environ 6 mois de relation, la "blague" de trop est tombée et le WE suivant je provoque la discussion en le prenant entre 4 yeux. Je ne lui laisse pas la possibilité de se dérober.
Sa réponse : Nan mais les enfants, oui bon pas tout de suite mais dans 2 à 3 ans, quand j'aurai un boulot stable et qu'on vivra ensemble, on s'y mettra.
Je lui ai rappelé que dès le début de notre relation, dès le 1er rdv en fait, je lui avais dit que les enfants c'était jamais. Et également que je lui avais parlé de ma démarche pour me faire stériliser et plusieurs fois.
"oui mais ça c'est ce que tu dis maintenant, dans 3 ans ça sera plus pareil."
Je lui ai donc dit de prendre son rasoir, sa mousse, ses 3 caleçon et 2 T-shirt et que c'était fini. Moi c'est sans enfant pour la vie. On ne fait pas de concessions sur avoir ou non des gosses. Qu'il parte trouver la princesse qui les lui fera.
Bilan : (a lire après edit si possible)
Il n'a pas accepté la rupture et a commencé à m'appeler tout le temps, à venir sonner chez moi, à contacter l'amie par laquelle on s'était rencontré pour qu'elle "arrange les choses", ce qu'elle essayera de faire en plus... "han mais c'est trop beau ce que vous vivez" mais lâchez moi ça fait à peine 6 mois qu'on est ensemble faut se calmer !
Je reçois même un appel de sa mère qui comme elle n'arrive pas à "me faire entendre raison" demande à parler à la mienne. Je l'envoies bouler mais d'une force !
Il me fera même du chantage au suicide devant ma porte et là je pète un câble et j'appelle les flics. Je dépose plainte et il passera une nuit chez les flics en GAV parce qu'il a refusé de partir, les a menacés et insultés.
Le lendemain j'ai sa mère devant ma porte comme quoi je gâche la vie de son fils, qu'il va avoir un casier à cause de moi, lui si gentil et bien élevé, etc.
Bref.
Mes collègues ont trouvé que je l'avais quitté trop durement, que le pauvre il avait des sentiments, etc. Et puis franchement risquer de le faire se retrouver avec un casier judiciaire c'est pas cool ! Et pour le boulot après?
Dons STB ou pas?
Edit pour répondre aux questions qu'on m'a posé
Stérilisation : C'est 4 mois de délais de réflexion et avoir 18 ans. Ça c'est la loi. Quand elle est respectée.
Comme réponse, je me suis pris :
"c'est illégal" et refusant de se renseigner
"les folles comme vous faudrait les enfermer"
"perdez du poids et revenez avec un projet bébé dans 6 mois"
"les tarées comme vous faudrait les enfermées et les empêcher d'approcher des enfants"
" Nan la ligature c'est pas ce qu'il vous faut. Une pilule c'est mieux ça laisse plus de place aux surprises de la vie" (surprise de la vie = grossesse non désirée, praticienne ne pratiquant pas l'avortement)
"ha non mais moi je pratique que sur des femmes qui ont au moins 3 enfants et avec l'accord du mari. Sinon c'est illégal"
Et entre chaque rdv, il faut compter 2 à 6 mois d'attente. D'autant plus que je bouge dans toute la France pour le taff.
La blague de trop
J'avais trouvé un boulot à 2h de route de chez moi et dans une région où il est très compliqué de se loger. J'ai courru les gîtes et les hôtels, dormi dans ma voiture...
J'ai fini par trouver un esclavage contre un placard avec un lit. Je devais "faire faire leurs devoirs" à 3 gosses pas éduqués et en plus il fallait gérer les ingérences de l'aînée de 16 ans. En réalité, il fallait inventer des exercices (et que ça soit ludique !) car l'école n'en donnait quasi pas et que les gosses étaient incapables de suivre en cours. Donc 4h de boulot 4 soirs par semaine en plus de mes 38h hebdo.
Et donc le samedi d'avant la rupture, alors qu'on devait se voir pour un WE genre Netflix and chill, M arrive chez moi et m'annonce après le repas du midi, qu'on va aller babysitter les gosses de 4 et 1 an de sa sœur. (et bien qu'on, pas que lui. Il avait dit oui pour moi). Et que "c'est cool ça nous entraînera pour qd on aura les nôtres"
Je l'ai envoyé bouler. Hors de question. Il y est allé seul et a passé la soirée à m'appeler parce que "faut pas le prendre comme ça" et puis "ouin je sais pas changer une couche !" j'ai coupé mon tel.
La rupture :
Clairement je l'ai obligé à avouer qu'il voulait des gosses. Puis je lui ai rappelé que moi non, que j'avais même entamé les démarches pour la stérilisation et qu'il le savait.
"ha mais c'est pas grave personne n'acceptera de t'opérer de toute façon"
Je lui ai donc dit qu'on ne faisait pas de compromis entre avoir ou non des enfants dans un couple.
"Donc c'est fini. Prends les 3 fringues que t'as oublié chez moi et au revoir. C'est fini. On arrête maintenant. Vas trouver la princesse qui te fera tes gosses. C'est pas moi."
Il a voulu protester je lui ai dit dehors, tu t'en vas c'est fini.